La découverte du triathlon élite

 

La découverte du triathlon élite.

Cet article porte sur ma première saison élite junior et explique la différence entre le triathlon groupe d’âge et le triathlon élite. Voici le partage de mon expérience au milieu de cette transition, effectuée cet été.

Premièrement, le triathlon n’est pas trois sports mais bien un sport. Certain iront même jusqu’à vous raconter que le triathlon vient de 4 ou même 5 disciplines pour n’en former qu’une. C’est pourtant bien simple, la natation suivi du vélo et pour terminer, la course à pied. Un, deux et … trois, en effet le compte y est alors pourquoi un plutôt que 4 ou 5? La transition 1 et la transition 2 qui séparent chaque épreuve sont la 4e et 5e discipline dans ce sport. C’est d’ailleurs ce que l’on nous apprends lors de nos premières courses élite. Il ne suffit pas d’aligner chaque sport l’un après l’autre mais d’être rapide à chacun d’eux. Alors voici comment j’ai entamé ma première saison compétitive en triathlon.

Lors de la saison 2015, j’ai pris le dépars de quelques courses en format groupe d’âge. Malgré des résultats satisfaisant, je n’obtiens pas ce que je recherche, soit un sport de haute compétition. Je passe plusieurs mois à tenter d’obtenir des informations sur les  »élites » et finit par comprendre ce qu’est le triathlon élite, celui retrouvé aux olympiques (petite mention spéciales pour nos canadiens et canadiennes qui sont allés à Rio!).

Le triathlon groupe d’âge vs le triathlon élite.

Afin de comprendre mon charabia en abordant plusieurs sujets comme le drafting, certains règlements particuliers de l’élite, je vais vous expliquer la différence entre le sport que je pratiquais en 2015 et celui de cet été.

Le format groupe d’âge regroupe un important nombre d’athlètes aux niveaux variables. Alors qu’on peut y retrouver d’excellents athlètes, on y retrouve également ceux qui participent à leur premier triathlon. La nage comme le vélo et la course possèdent leur importance au temps final bien qu’on avantage souvent la discipline du milieu. Cette portion permet les vélos de contre la montre ou les barres aérodynamiques sur les vélos de route. C’est une discipline qui se fait entièrement seule tout comme le reste de la course. Tout comme le triathlon groupe d’âge, l’élite demande une gestion importante de l’effort mais également une maîtrise particulière au plan technique. J’explique; l’effet drafting par la formation de peloton est permise. Il est donc beaucoup plus avantageux de sortir rapidement de l’eau afin de se regrouper et travailler en équipe à éloigner les moins bons nageurs que de rouler seul et arriver épuisé à la course à pied. On accorde donc une importance capitale à la natation et la transition 1 pour travailler en équipe sur le vélo et finir avec la course pour déterminer les meilleurs.

Voici les courses auxquelles j’ai participé cet été :

-Triathlon de Joliette en groupe d’âge (Coupe Québec sur circuit de la série Grand Prix)

-Triathlon de Drummondville en junior élite (série Grand Prix)

-Triathlon de Victoriaville demi-finale en junior élite (série Grand Prix)

-Triathlon de Victoriaville finale en junior élite (série Grand Prix)

-Triathlon de Saint-Lambert groupe d’âge

-Triathlon d’Ottawa championnat canadien en junior élite

-Triathlon international de Montréal en junior élite (série Grand Prix)

-Triathlon de Verdun championnat provincial en junior élite (série Grand Prix)

Ma saison 2016 :

Quelle excitation de prendre le départ avec l’élite! Chaque athlète attend hors de l’eau que l’organisateur nomme leur nom selon leur classement pour s’avancer à la ligne de départ. Je suis inquiet des blessures qui me marquent encore la peau de ma chute, deux semaines plus tôt à la course de Joliette, mais l’adrénaline prend rapidement le dessus. La musique, un rythme rapide qui diminue progressivement, au rythme des battements de mon cœur.

Zone de transition élite à Drummondville
Zone de transition élite à Drummondville

Le départ! Ma position sur le départ à la natation me défavorise légèrement et me fait leader un petit peloton à la natation plutôt que de me laisser porter par de meilleurs nageurs. Je sors de l’eau avec un excellent cycliste qui me rend la pareil à la portion vélo en me tirant la majorité du temps. Malgré la chaleur, la course à pied se passe à merveille ce qui conclu cette première expérience sur le circuit de la série Grand Prix.

 

Victoriaville est tout le contraire de ma satisfaction de Drummondville. Deux petits triathlons soit la demi-finale et la

finale. Une heure avant le départ, je réalise que j’ai oublié mon trisut et emprunte le deuxième d’un autre athlète junior élite. La pluie, le vent et le froid font de ces deux petites courses des triathlons aux conditions extrêmes et me nuisent particulièrement. Je ne prend même pas la peine de m’échauffer dans l’eau avant le départ en espérant garder un peu de chaleur. Le froid me mord les cuisses et je perds rapidement le peloton rendu au vélo. À deux minutes de la transition 2, je me fais rattraper par le dernier peloton mais les muscles ne répondent plus à la course à pied. Une course décourageante le temps de 24h.

Départ demi-finale Victoriaville
Départ demi-finale Victoriaville

 

Un grand événement arrive rapidement, le championnat canadien. Afin de me préparer au maximum sans pour autant oublié que le

Duathlon de Saint-Lambert en préparation du championnat canadien, gracieuseté de Boutique Courir!
Duathlon de Saint-Lambert en préparation du championnat canadien, gracieuseté de Boutique Courir!

championnat québécois à Verdun est l’objectif central de l’été, je participe au duathlon de Saint-Lambert, gracieuseté de Boutique Courir. Une semaine avant de confronté les meilleurs athlètes canadiens, je teste les sensations à la course à pied sur 5km, analyse l’efficacité de mes transitions et ma capacité à courir 2,5km après vélo. Satisfait de ma 3e place overall, je prends confiance pour la semaine suivante…

 

Championnat canadien… Wow! Des vrais tattoos pour identifier nos numéros élites. Quelle excitation de jouer dans la cours des grands athlètes canadiens et de mettre un visage à ceux qui coursent à l’international. Le stresse monte rapidement pendant que j’installe mon vélo dans la zone de transition mais le calme reprend sa place quelque secondes avant le signal de départ. »On your mark » Biiiiiiiiiip… Déjà les coups de coudes se font sentir mais je suis

Championnat canadien
Championnat canadien

surtout excité d’être dans une course de telle envergure. Je me ressaisi rapidement et me concentre sur mon objectif. J’obtiens un petit peloton intéressant à la sortie de l’eau. Le vélo se fait violent, les attaques sont nombreuses pour séparer les plus faibles et les joueurs changent avec le temps. Très rapidement vient la portion course qui se termine difficilement mais efficacement.

 

On poursuit notre cheminement de la série Grand Prix en complétant la

première version du triathlon international de Montréal. La natation se porte bien mais une mauvaise analyse du parcours de ma part me coûtera cher. Je cherche à rejoindre le peloton en avant de moi tout de suite après la transition 1 et ce, sans attacher mes souliers de triathlon.

Triathlon international de Montréal
Triathlon international de Montréal

Une fois le peloton rattrapé nous amorçons une courbe. J’attends donc avant d’attacher mes souliers tout en profitant de l’effet de drafting du groupe mais catastrophe, une côte importante se dessine au travers des édifices de Montréal. L’avantage d’avoir les souliers attacher permet aux autres triathlètes de me laisser derrière et je me ramasse à rouler seul le reste du triathlon. Malgré les encouragements de mes amis, je termine la course avec peine sous une douleur omniprésente dans mon genou à chaque foulée. Je termine la course malgré la douleur mais surtout fâché de mon erreur, C’est tout de même une excellente leçon sur l’importance de la reconnaissance de parcours.

Mon erreur de parcours au triathlon international de Montréal me coûte cher...
Mon erreur de parcours au triathlon international de Montréal me coûte cher…

La course centrale de la saison 2016 : le championnat québécois. À cause de la qualité de l’eau causé par les fortes pluies, le triathlon se transforme en duathlon (5km de course, 20km de vélo et 2,5km de course). Beaucoup de retard rend difficile la gestion de l’échauffement avant la course mais ça n’influence pas le rythme intense du premier 5km après le coup de départ. Ce 5km me donnera un best time à vie jusqu’à présent. La transition tout aussi rapide forme un petit

Championnat provincial
Championnat provincial

peloton de 7-8 qui se sépare lorsque je laisse mon relais et me laisse derrière avec deux autres cyclistes. On se fait rapidement rattraper par un peloton d’un quinzaine de triathlète et je reprend le rythme de la course. Petit à petit, on revient sur le peloton qui nous avait laissé derrière et on embarque dans la transition 2 a seulement 10 secondes de différences de ceux-ci. Le reste se joue sur la dernière course, tout aussi rapide que la première. Ouf! Très difficile mais je suis heureux d’apprendre dès mon arrivé que je suis dans le top 15 québécois du championnat provincial. Par conséquent, j’embarque dans le classement junior élite de la série Grand Prix!

 

La saison élite se termine bien et je me mérite quelque jours de repos avant une petite prolongation à la saison 2016. Au calendrier s’installe le triathlon olympique de Montréal (esprit) et je recommence rapidement l’entraînement. Alors que je m’entraînais sur le circuit en prévision de la course avec au programme un 15x (1km plus de 40km/h – 1km repos), un cycliste touche accidentellement ma roue arrière pendant un km intensif et je dévie directement dans un mur de béton. Quand je reprends mes esprits, j’entends un médecin déjà sur place s’étonner que je sois toujours en mesure de respirer. On me transporte d’urgence avec l’autre cycliste à l’hôpital de Montréal en traumatologie et me confirme finalement 2 fractures, au bras et à la joue, 40 points de souture au visage et 3 dents cassées. Pas le choix, deux grosses semaines de repos avant de recommencer le vélo et la course alors qu’il me faut attendre 6 semaines pour nager.

Deux semaines après l’accident, j’entame les entraînements de cross-country avec les Lynx du cégep d’Édouard Montpetit. Le retour est difficile mais j’ai espoir que les paces de course reviendront rapidement pour la première course à McGill dans une semaine.

Maintenant que ma première saison élite est décrite, je vous tiendrai à jour de mon développement ainsi que chaque défi rencontré. Je partagerai également mes trucs et conseils pour ceux qui aspirent à faire leur premier triathlon lors de la saison 2017 ou aux plus expérimentés qui veulent perfectionner leur expérience du triathlon!

À la prochaine,

Jean-Christophe

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